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Un prêtre catholique en prison


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HAÏTI

SELON certaines informations, le prisonnier d?opinion Gérard Jean-Juste est atteint de leucémie. Son état de santé risquerait de se dégrader s?il devait être maintenu en détention à l?annexe du Pénitencier national à Port-au-Prince, la capitale.

  

INFORMATIONS GÉNÉRALES



Selon certaines informations, le prisonnier d’opinion Gérard Jean-Juste est atteint de leucémie. Son état de santé risquerait de se dégrader s’il devait être maintenu en détention à l’annexe du Pénitencier national à Port-au-Prince, la capitale.

Gérard Jean-Juste, prêtre catholique, est détenu sans inculpation depuis le 21 juillet 2005. Au mois de décembre, comme il présentait divers symptômes pathologiques (fatigue et gonflement des ganglions lymphatiques), il a été examiné par deux médecins américains, qui ont diagnostiqué une leucémie sur la base d’analyses sanguines. D’après certaines sources, des médecins de l’annexe du Pénitencier national, qui n’ont procédé à aucun test sanguin sur Gérard Jean-Juste, ont réfuté ce diagnostic. On ignore si cet homme reçoit des soins médicaux en prison. S’il reste incarcéré au pénitencier, il risque une infection, ce qui mettrait gravement en péril sa santé.

Gérard Jean-Juste est accusé d’avoir kidnappé et assassiné le journaliste Jacques Roche, bien qu’aucune preuve n’ait été présentée pour étayer ces allégations. Amnesty International le considère comme un prisonnier d’opinion, car il n’a fait qu’exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Il s’agit en effet d’un partisan connu de l’ex-président de Haïti, Jean-Bertrand Aristide, et du Fanmi Lavalas (FL, Famille Lavalas). Gérard Jean-Juste avait annoncé son intention de représenter ce parti à la prochaine élection présidentielle, cependant, sa candidature a été rejetée par le conseil électoral sous prétexte qu’il ne pouvait pas venir l’enregistrer en personne.
Gérard Jean-Juste avait déjà été appréhendé illégalement à son église, Sainte Claire, à Port-au-Prince, le 13 octobre 2004, parce qu’il était soupçonné de « complot contre la sûreté de l’État ». Il a été libéré, faute de preuve, le 29 novembre, après six semaines de détention. Puis, le 15 juillet 2005, à son retour de Miami, il a été arrêté à l’aéroport de Port-au-Prince et interrogé au sujet de la même affaire. Six jours plus tard, il a assisté aux obsèques du journaliste Jacques Roche dans une église de Pétionville, dans la banlieue de la capitale (Port-au-Prince). Il a été attaqué et menacé devant l’église par une foule hostile qui l’accusait d’être en partie responsable des violences qui secouent la capitale. Des membres de la police haïtienne et de la police des Nations unies (UNPOL) l’ont alors conduit au commissariat de Pétionville. Gérard Jean-Juste a ensuite été transféré au Pénitencier national, puis à l’annexe du Pénitencier national, à Pacot (Port-au-Prince), où il reste emprisonné à ce jour.

Les résultats de l’enquête sur les faits reprochés à Gérard Jean-Juste auraient dû être rendus publics dans les trois mois suivant son arrestation, conformément à la législation haïtienne. Or, ce délai a largement été dépassé.

ACTION RECOMMANDEE:



Dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en français, en anglais ou dans votre propre langue) :
  • déclarez-vous préoccupé par l’état de santé du révérend Gérard Jean-Juste, qui est détenu sans inculpation à l’annexe du Pénitencier national, à Pacot (Port-au-Prince) ;
  • soulignez que son maintien en détention l’expose à un risque d’infection, qui menacerait gravement sa santé ;
  • efforcez-vous d’obtenir la garantie que cet homme bénéficie de tous les soins médicaux dont il a besoin ;
  • dites qu’il s’agit d’un prisonnier d’opinion qui n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression, et exhortez les autorités haïtiennes à le libérer immédiatement et sans condition ;
  • appelez les autorités à mettre fin aux arrestations arbitraires, une pratique très répandue dans l’ensemble du pays.

MODELE DE LETTRE



1. Pour tous les membres:

    Monsieur le Ministre,


    Je m'appelle...
    J’ai.... ans. Je suis préoccupé par l’état de santé du révérend Gérard Jean-Juste, qui est détenu sans inculpation à l’annexe du Pénitencier national, à Pacot (Port-au-Prince).
    En effet, son maintien en détention l’expose à un risque d’infection, qui menacerait gravement sa santé.
    Je vous prie donc de faire tout ce que vous pouvez afin que cet homme bénéficie de tous les soins médicaux dont il a besoin.

    Selon Amnesty International, ce prêtre est un prisonnier d’opinion qui n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression. C’est pourquoi je vous prie de le libérer immédiatement et sans condition.
    De façon plus générale, je vous demande de mettre fin aux arrestations arbitraires, une pratique très répandue en Haïti.

    J’espère que vous tiendrez compte de ma lettre.

    Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes meilleures salutations,


    Nom et prénom :


    Adresse :


    Signature :

    2. Pour Professionnels de santé

      En tant que professionnel de la santé sensible aux droits humains, je suis extrêmement préoccupé par l’état de santé du révérend Gérard Jean-Juste, qui est détenu sans inculpation à l’annexe du Pénitencier national, à Pacot (Port-au-Prince). Je me permets d’insister sur le fait que son maintien en détention l’expose à un risque d’infection, qui menacerait gravement sa santé. Je prends la liberté de vous demander d’obtenir la garantie que cet homme bénéficie de tous les soins médicaux dont il a besoin.

      Je m’étonne que, conformément à la législation haïtienne, les résultats de l’enquête sur les faits reprochés à Gérard Jean-Juste ne sont toujours pas rendus publics six mois après son arrestation. Or, comme il s’agit d’un prisonnier d’opinion qui n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression, je prie instamment les autorités haïtiennes de le libérer immédiatement et sans condition.

      En outre, mes confrères et moi-même vous demandons avec insistance de mettre fin aux arrestations arbitraires, une pratique très répandue dans l’ensemble du pays.

      En vous remerciant d’avance pour les instructions que vous ne manquerez certainement pas de donner, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma respectueuse considération.

      ENVOYEZ VOS LETTRES A :



      • Ministre de la Justice et de la Sécurité nationale :
        Me. Henri Dorléans
        Ministère de la Justice
        19 Ave. Charles Sumner, Port-au-Prince
        Haiti (W.I.)
        Fax : +509 245 0474 (Veuillez demander la ligne de fax)
        Ce numéro est difficile à obtenir
        Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

      • Directeur Général de la Police nationale d’Haïti (PNH) :
        Mario Andresol
        Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti
        Grand Quartier Générale la Police
        12 rue Oscar Pacot, Port-au-Prince, Haiti (W.I.)
        Fax : +509 245 7374
        Ce numéro est difficile à obtenir
        Formule d’appel : Monsieur,

      COPIES A:
      • Représentant spécial des Nations unies :
        Mr Juan Gabriel Valdés
        United Nations Stabilization Mission in Haiti (MINUSTAH)
        385, Ave. John Brown, Bourdon, B.P. 557, Port-au-Prince, Haiti (W.I.)
        Fax : +509 244 3512

      • Responsable de la Division des droits humains de la MINUSTAH :
        Thierry Fagart
        Human Rights Division, MINUSTAH
        385, Ave. John Brown, Bourdon, B.P. 557
        Port-au-Prince, Haiti (W.I.)
        Fax : +509 244 9366 / +509 244 9367
        Ces numéros sont difficiles à obtenir

      • ainsi qu’aux représentants diplomatiques de Haïti dans votre pays .




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