Depuis la fin des derniers jeux olympiques riches en couleur organisés par la République populaire de Chine, à Kinshasa et dans les principales villes congolaises il se raconte de drôles de choses qui se seraient passées dans la composition de la délégation officielle congolaise. Au vu de la piètre prestation des athlètes congolais du Congo Kinshasa, de langues commencent à se délier pour dénoncer l’imposture du ministère des sports qui a plus privilégié l’intérêt personnel en gonflant la délégation officielle de non athlètes. Selon certaines indiscrétions des milieux des officiels, il semblerait que sur les 50 membres de la délégation sportive congolaise, les vrais athlètes n’étaient qu’à 4. Les 45 restant seraient des vrais-faux figurants athlètes et le 50 ème membre de la délégation étant le ministre lui même. En pareilles circonstances, les officielles congolais ont le malheur d’aligner de membres des familles, de petites copines, des courtisans et autres immigrants qui se font aligner contre sonnantes et trébuchantes pour obtenir au moins la possibilité de quitter le territoire national. Et les vrais athlètes ont toujours été marginalisés au profit des ngoulous (entendez les immigrants et autres candidats à l’immigration qui ne lésinent pas sur les moyens). Dans pareils cas, il semble que de gens sont prêts à débourser jusqu’à 10.000 euros, pourvu de quitter la ‘’terre maudite ‘’ et aller tenter sa chance ailleurs. Ce qui semble avoir été le cas lors des derniers JO de Pékin.
Et plusieurs personnalités qui s’étaient jusque là contenues ont fini par lâcher du leste en dénonçant la légèreté et la complaisance qui aurait caractérisées la composition de cette délégation.
Alors que nous investiguons sur ce feuilleton de la honte, nous avons reçu par courriel électronique ce mardi une page avec pour intitulé : LES CONFIDENCES DE MINISTRE, publiée en date du 23v août dernier dans les colonnes du quotidien kinois le Potentiel. Nous la reproduisons in extenso pour démontrer combien ce gouvernement a du mépris pour l’honneur du Congo de Lumumba.
Avec un fond d’humour, cette page traduit la triste réalité congolaise dont nous restons tout de même convaincu que cette fois le président Joseph Kabila qui avait effectué le déplacement pékinois, va sortir de sa réserve et punir sévèrement cette forfaiture qui fait la honte du Congo de Lumumba..
Confidences de Ministre Un ministre kinois aux j.o. pekinois Par Yoka Lye Mundaba Le Potentiel – Kinshasa 23 aout 2008
Elle est partie tambour battant, la délégation de notre grand et beau pays aux Jeux Olympiques (J.O.) de Pékin en Chine ! Une délégation de 50 athlètes, dont un Ministre athlète, 4 compétiteurs athlètes et 45 vrais-faux figurants athlètes. Mon patron le Ministre des affaires stratégiques (à prononcer avec respect…) a fait partie de cette délégation de vrais-faux athlètes.
De la Chine où il subit les J.O., mon patron de Ministre m’a fait le reportage cocasse de la participation douloureuse de nos vrais-faux sportifs. Ne parlons pas de 45 touristes ; parlons de 4 athlètes sélectionnés qui se sont débrouillés vaille que vaille sur les terrains pékinois. 4 athlètes qui représentaient en principe 4 disciplines « nobles » : la boxe, la natation, le lancement de poids et la course de fond.
Comme toujours en pareil cas, selon les révélations de mon patron de Ministre, les préparatifs chez nous ont été « débrouillards », entre superstition fétichiste et enthousiasme béat. Par exemple l’athlète représentant notre boxe nationale a été, d’après mon patron, recruté parmi les « bana-makasi », ces armoires-à-glace matamores des quartiers populaires. L’on raconte justement dans ces quartiers en-bas-d’en- bas que ce boxeur exceptionnel était capable, d’un seul coup de poing asséné contre un tronc de baobab, de l’affaisser et de le calciner illico. Il était, d’après les Kinois, un vrai adepte et un initié de la pratique fétichiste « kamo » hérité de la foudre.
En revanche, le champion congolais de la natation, n’était autre qu’un virtuose pêcheur wagenia du Haut-Fleuve. Parmi ses performances connues dans son Boyoma natal, c’est le fait d’être un poisson dans l’eau, et surtout d’être resté dans les profondeurs des cascades de Wagenia toute une journée en train de flirter avec les mamiwatas sous marines…
Le troisième athlète sélectionné, lanceur de poids, aurait été un malabar tetela chasseur de buffles. Dans sa contrée de Katakokombe, personne ne savait lancer la pierre ou le javelot comme lui, aussi loin que lui. La puissance de son jet était telle qu’il atteignait sa cible en plein impact, mais dans leur élan fantastique et irrésistible, la pierre ou le javelot transportait le gibier à 100 villages plus loin, au-delà des monts et vaux.
Le dernier espoir congolais aux J.O. pékinois était, semble-t-il, un coureur hors pair chez nous. Pousse-pousseur de son état, il parvenait à survoler pour ainsi dire à pieds des distances infinies telles que Maluku-Kintambo ou Mbankana-Gombe en un temps record… Pendant 10 ans, il avait coup sur coup remporté toutes les compétitions et les marathons épuisants organisés par des sponsors de la capitale congolaise. On disait de lui qu’il se dopait à la substance « kimbiolongo » non-encore répertoriée jusqu’à présent par les contrôleurs olympiques internationaux.
Or, quelle humiliation, quel désastre en Chine pour ces 4 athlètes ! Mon patron de Ministre n’en revient pas encore. Désastre de notre coureur-marathoniste : non seulement il est arrivé 200°, c’est-à-dire dernier des derniers à la course, mais il a été 12 fois rattrapé et doublé par les autres concurrents. Notre pousse-pousseur, pourtant star au pays, est entré au stade olympique exténué, la langue pendante et les pantoufles complètement déchiquetées. Une jeune Chinoise, depuis le pourtour, s’est tellement prise de pitié pour notre compatriote qu’elle est descendue dans l’arène pour lui prêter ses baskets à elle. Mais comme toutes les chaussures chinoises, ces baskets étaient trop étroits…
Désastre aussi pour la deuxième compétition, celle de la natation ; elle a failli tourner au tragique pour notre sportif national. Au bout d’à peine 10 brassées dans la piscine olympique, cet athlète qui s’entraînait à Kinshasa dans les rivières Bitshiaku-tshiaku et Kalamu, s’est noyé ! Il a fallu la perspicacité de l’arbitre chinois pour interrompre momentanément la compétition et appeler les autres concurrents à secourir l’infortuné nageur wagenia…
N’insistons pas sur les désastres du boxeur ou du lanceur de poids : le premier est simplement tombé évanoui à la seule vue du gabarit et de la musculature d’acier de son adversaire, un véritable ours russe ; et le second, sans doute sous le trac, s’est envoyé le poids sur sa propre tête, et est sorti du terrain avec une grosse bosse sur son crâne chauve !
Mon patron de Ministre me rapporte qu’il a été tellement excédé et humilié par toutes ces contre-performances et désastres de nos athlètes qu’il a décidé sur-le-champ que les 49 vrais-faux athlètes de la délégation rentreront de Pékin à Kinshasa … à pied. …Au moment où nous parlons, nos 49 délégués, vrais et faux sportifs, sont perdus quelque part là-bas dans le Tibet chinois, en train de chercher la route de retour au pays natal. A pied !

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