Au Congo de Lumumba et de Tshisekedi, le gouvernement d’Antoine Gizenga a été fier d’annoncer en fin du week-end dernier sa ferme détermination de maintenir sa décision contestée portant ouverture de l’année scolaire 2008-2009 et dont la date était unilatéralement fixée à lundi 01 septembre dernier. Les attentes du gouvernement étaient que les rues soient envahies dès les petites heures matinales de lundi par les couleurs ‘’bleu-blanc’’ comme par enchantement. Les revendications des enseignants n’étant pas inscrites dans son cahier des charges et encore moins dans les 5 chantiers annoncés avec fracas par le général-major pour convaincre les congolais de lui accorder sa confiance lors du dernier scrutin où monts et merveilles furent étalés pour appâter les pauvres électeurs congolais. Comme à l’accoutumée, le gouvernement de Kinshasa a fait sourde oreille et continue à vaquer à ses propres occupations du reste étrangères au vécu quotidien de sa population dont il prétend pourtant défendre ses intérêts. Les cris de détresse de toute la population congolaise et les interpellations du monde enseignant auxquelles se sont ajoutés les cris de parents dépassés par le niveau de la crise sociale et les plaintes des corporatives associatives des enseignantes sont restés lettre morte.
En fin du week-end dernier, il nous a été rapporté que le gouvernement de Kinshasa, via son ministre de l’enseignement primaire et secondaire, aurait même tenté, au moyen de la corruption, de diviser les associations syndicales afin d’obtenir une rentrée scolaire apaisée. Mais s’était sans compter avec la vigilance aguerrie de principaux leaders syndicalistes devenus désormais méfiants vis-à-vis du gouvernement depuis qu’ils ont été roulé à plusieurs dans la farine. Et jamais les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays n’ont eu à commencer l’exécution de tous les engagements pris par l’exécutif national afin d’améliorer, tant soi peu, le vécu quotidien des enseignants aujourd’hui clochardisés et réduits à leur plus petite expression. Toute la presse indépendante est unanime : les rues de principales villes du Congo Kinshasa ont été désertes hier lundi lors de la reprise officielle de cours. Les élèves ont préféré suivre le mot d’ordre de leurs enseignants que celui du gouvernement qui ne se soucie pas du tout de leur avenir aujourd’hui compromis.
Si non, comment comprendre alors que ceux là sensés de former les élèves pour devenir de dirigeants du Congo de demain soient condamnés par le gouvernement de Gizenga à une vie de misère avec tout ce que cela implique comme conséquences fâcheuses sur le niveau de formation !!!
Imaginez vous un enseignant qui voit son fils mourir faute d’une simple aspirine, et qui assiste impuissant à l’infidélité de son épouse parce qu’étant lui-même incapable de subvenir aux besoins élémentaires de sa propre famille !!! Imaginez vous un enseignant qui se voit jeter dehors par son bailleur devant tous ses enfants pour n’avoir pas su payer ses frais de loyers à cause du non paiement de salaires et de sa modicité !!! N’est il pas vrai que son moral va être affecté et qu’à l’école, au lieu de donner le meilleur de lui-même à travers notamment une bonne qualité des enseignements dispensés aux élèves, il va tout bonnement bâcler ses enseignements ? Et le grand perdant dans ce vilain jeu est l’Etat congolais qui va mettre sur le marché de l’emploi des diplômés formés au rabais et qui ne peuvent être compétitifs sur le marché de l’emploi et de l’innovation technologique. Et le résultat final est que le niveau des élèves du Congo-Kinshasa n’a fait que régresser depuis les 10 dernières années. Et cette baisse du niveau de l’enseignement dans les écoles congolaises a un seul nom : l’égoïsme de la classe politique au pouvoir qui préfère se payer seul des salaires plantureux alors que les autres fonctionnaires sont condamnés au salaire de misère. A l’exception de ceux qui prennent les armes pour revendiquer leurs droits et qui se voient attribuer après de primes de guerre faramineuses, et les autres courtisans oscillants dans les rênes du pouvoir, les enseignants eux et autres fonctionnaires de l’Etat qui ne peuvent inquiéter les gouvernants peuvent continuer à se contenter de salaires de misères. Et les membres du gouvernement et les députés ne sont pas concernés par cette situation de misère étant donné que leurs petits sont à l’école dans les meilleures écoles occidentales. Sûrs de remplacer demain leurs pères actuellement au pouvoir. La preuve est là avec les fils de mobutistes aujourd’hui au pouvoir.
Il y a de fortes chances que l’année scolaire 2008-2009 soit hypothéquée à cause de l’égoïsme de la classe politique. Les spectres d’une année blanche au Congo-Kinshasa sont perceptibles. Nous encourageons les syndicats des enseignants et les élèves congolais à ne point baisser les bras. Ils doivent tous radicaliser leur position afin d’infléchir la position du gouvernement qui doit assurer une répartition équitable du revenu national.
Du temps du tout puissant empereur centrafricain, Jean Bedel Bokassa 1er, c’est grâce notamment à la détermination du milieu scolaire que Bokassa avait fini par être chassé du pouvoir, tel un vulgaire. Pour tout changement durable, il faut un sacrifice et un prix significatif à payer. Aux élèves et enseignants congolais à prendre leur destin en main. Ce n’est pas l’argent qui manque pour que les fonctionnaires continuent à se contenter de salaires de la mort.
Au moment où nous mettons sous presse cet article, nous apprenons d’une dépêche de la radio Okapi (radiookapi.net ) que le président Joseph Kabila s’est rendu lundi dernier à Ngeba, en territoire de Madimba dans le Bas Congo, où il a procédé à l’inauguration de l’école primaire Ngeba I, situé à plus ou moins 235 kilomètres à l’est de Matadi, Non électrifiée et d’une capacité d’accueil de 1500 élèves. L’école primaire de Ngeba I a été construite dans le cadre du programme dit ‘’Initiative des pays pauvres très endettés, ‘’PPTE’’ et le coût global évalué à quelques 520 000 dollars américains. Nous vient alors à l’esprit la question de savoir si réellement ce gouvernement a une politique cohérente d’enseignement ? A quoi peuvent bien servir de nouvelles écoles au Congo pendant que l’on est incapable de garantir un bon fonctionnement à celles qui existent et les enseignants sensés d’y travailler sont clochardisés !!!

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